lundi 14 janvier 2008

En rentrant de Bretagne, forme humaine de la grippe aviaire

En rentrant en mobylette à travers le bocage, j'ai croisé un vanneau huppé qui marchait le long de la route. Je me suis aussitôt arrété. C'est un bel oiseau avec de longues plumes noires sur la tête, qui forment un V quand tu le regardes bien en face. C'e n'est pas tous les jours qu'on peut fixer un vanneau dans les prunelles, et pourtant c'est bien ce que j'étais en train de faire: l'oiseau était immobile à deux mètres de moi et il me fixait.
Comme je suis un peu immature, j'ai tout de suite essayé de l'attraper - pour le ramener chez moi, lui faire une petite maison, lui donner à manger, lui chercher un nom, lui apprendre des tours, en faire mon ami car je n'ai pas d'amis, je suis tellement seul, je m'ennuie tellement. Je lui ai couru après et puis je me suis souvenu de la grippe aviaire et je suis immédiatement remonté sur mon 103.

Après je suis allé à la plage, j'ai ouvert ma bible et j'ai récrit les versets suivants:

Alors je vis surgir de la mer un canard ayant un bec et des pieds palmés, et sur sa tête des titres blasphématoires.

La bête que je vis ressemblait à un canard, avec des pattes comme celles d'un canard et le bec comme un bec de canard; et les yeux à l'image des yeux du canard; et la plume partout sur un corps égal en proportion au corps du canard; et le canard transmit sa puissance et son trône et un pouvoir immense.

Le canard sorti de l'eau se secoua devant l'Eternel, et l'Eternel le vit du haut des nuées, et il se secoua le bas des reins devant moi.

On se prosterna devant lui; et le canard remua son popotin et fit coin-coin.

Et sur son front brilla le chiffre de la Bête.