jeudi 21 février 2008

Quand je m'habillais en cheval.

Ma cousine Maria Sardon, championne de Force Basque, soulève 500 kg de granit en cinq minutes. Elle est robuste et farouche comme les Basques femelles en général, ce qui explique que je me suis enfui de mon pays natal dès que j'ai été assez grand pour prendre le train tout seul. Le type particulier de la femme basque ( un seul sourcil allant du coin extérieur de l'oeil droit à son opposé gauche, nez en quart de brie, ossature de Volvo, voix extrèmement perçante, bras très longs jambes très courtes, les militantes nationalistes arborent en outre la coiffure en "mullet", les chaussures de montagne et le pull en laine de brebis basco-béarnaise) peut d'ailleurs expliquer la singularité culturelle de ce peuple: devant des femmes pareilles, Romains, Wisigoths, Vikings, Vandales et Huns ont préféré passer leur chemin pour aller plus au sud voir les belles latines. Ça peut expliquer la permanence d'une culture qui vient du fond du paléolithique et qui a résisté à toutes les invasions, mais je ne développerai pas cette théorie toute personnelle, sous peine de risquer ma vie à ma prochaine visite à ma famille.

Une Basquaise c'est une barre de soucils froncés posée sur de grosses fesses nationalistes, disait un de mes amis mort depuis. L'image est un peu osée, mais elle a un fond de vérité. On pourrait parler de la détresse des hommes basques qui ont leur premier rapport sexuel très tardivement, et qui oublient leur chagrin dans les bras de leurs camarades de rugby, ou bien en pratiquant des rituels ridicules, comme par exemple se déguiser en petit cheval et aller sautiller en ville ( rite du Zamaltzain- littéralement "puceau qui sautille dans un costume à la con"). Exorcisme sans effet, mais qui fait la joie des touristes.


Jeune Zamaltzain devant sa famille consternée.

Il est intéressant de constater que d'autres peuples farouches et accrochés à leurs montagnes, du côté des Carpathes notamment, ont aussi des traditions de mecs qui se déguisent en petits chevaux. La Pologne, qui compte de nombreuses femmes sourcilleuses dans ses régions escarpées, abrite l'étrange rituel du Lajkonik. Quel déchirement de voir ces hommes célibataires traîner dans les villes de bar en bar, sanglés dans leurs costumes de canasson. Ma gorge se noue d'émotion en y pensant.


"Si tu ne travailles pas à l'école, tu deviendra Lajkonik, petit voyou".