dimanche 24 janvier 2010

Dimanche masochiste.


Je profite de cet atroce dimanche froid, gris, triste, pluvieux, parisien, mortel, pour faire de la comptabilité, ranger mes papiers, trier mes feuilles de paye depuis 1995 assis sur du verre pilé et des fils électriques dénudés, à poil la porte ouverte, les pieds dans une bassine de scorpions et d'anguilles vivants, le cou emmitouflé dans une écharpe de barbelés allemands. J'écoute à la fois France Info et de la musique de chambre composée par le Diable. A midi j'ai déjeuné de graviers et d'insectes, en buvant du plomb en fusion dans un mazagran marron orné d'un petit parasol.
Je range un tas de cartons entassés au fond de mon bunker. J'y retrouve un éditeur. Il n'en reste plus que le squelette et la tignasse. Il est passé me voir début 2008, sa chevelure était splendide, gorgée de beauté, resplendissante, elle faisait des ondulations presque hypnotiques, elle suivait ses mouvements de tête avec un léger retard, c'était un émerveillement, elle sentait le soin relipidant au beurre de Carité, le baume radiance au principes actifs de noyau d'avocat du pérou.
Il a commencé à me parler de l'état de l'édition. Je l'ai égorgé avec un X-acto et je me suis branlé dans ses cheveux tandis qu'il se vidait de son sang. Mon atelier a senti l'après-shampooing et la charogne pendant un bon moment.