mercredi 13 janvier 2010

Les derniers jours du Bunker.

Je vais déménager à la fin du mois. Je suis retranché derrière les portes de mon bunker, je ramasse mes ossements d'enfants, je balaie, je regroupe mes nains, je les range dans des cartons, je nettoie le sel de leurs larmes que le sol a bues depuis bientôt un an. Si j'avais un cœur il se serrerait à l'idée de quitter bientôt mon bunker d'acier de la rue Clapeyron.
Mon nouvel atelier est une effrayante caverne abritant un lac noir, une grotte horrible et ténébreuse emplie d'exhalaisons épouvantables. Au premier feu du soleil levant l'ombre se met à mugir, on entends des chiennes hurler, c'est peuplé d'êtres inimaginables, le deuil, les livides maladies, la vieillesse, la faim, la crainte, la pauvreté hideuse, et donc bientôt le Tampographe aussi.
Comme mon futur atelier se trouve tout contre les murailles du Père Lachaise, dans le voisinage de plus de 70.000 tombes, il se nommera la Nécropole Maudite.

Pour le mois de janvier je reste encore rue Clapeyron, je me barre en février.