mardi 2 mars 2010

Rien ne va jamais.

Je suis parti de Nîmes beaucoup plus rapidement, mais alors beaucoup beaucoup beaucoup beaucoup plus rapidement que prévu. On m'avait invité pour y travailler deux semaines, j'avais un atelier à ma disposition, vaste comme dix fois le mien, du papier chiffon pour y imprimer mes images , des presses, du matériel de sérigraphie, on m'avait annoncé qu'il y aurait des promenades dans la campagne, de la nourriture saine, une douche et de l'eau chaude, des filles intéressées, du soleil, l'odeur du mimosa, du romarin et de l'encre lithographique. Tout ça c'était peut-être trop éblouissant pour moi, je n'étais pas prêt pour tant de bonheur, tant de lumière blessait mes pauvres yeux habitués aux ténèbres de mon atelier. Je clignotais des paupières en me heurtant aux presses offset, aveuglé par la lumière du Midi.
Après 24 heures passées à Nîmes j'ai ressenti un très violent besoin de prendre le train et de partir le plus loin, le plus rapidement et le plus définitivement possible de cette ville, je suis allé à la gare et je suis monté dans le premier wagon qui passait.
J'ai demandé asile au Dernier Cri. Je passe la journée à me promener, avant d'imprimer demain mes bons points dans le bunker de Pakito Bolino, à la friche de la Belle de Mai.