mardi 3 août 2010

Congés d'été.

C'est un adorable spectacle que de voir le tampographe s'activer à la tombée du jour. Il nettoie sa litière avec soin, évacue les saletés en s'aidant de ses petites papattes, prend sa couverture dans son museau et cherche un bon endroit où installer un nid pour la nuit. Il fait en outre, avant d'aller dormir, quelques tours de roue car il n'est pas ennemi d'un peu d'exercice.
Au dehors c'est le mois d'août, Paris est presque vide, ne restent plus que les dingues et les désespérés dans ce quartier du Père Lachaise. On enjambe les ruisseaux d'urine, ça sent l'alcool, la sueur rance, le neuroleptique, on croise une bourgeoise qui pisse en plein midi sur le Boulevard Voltaire, un travelo arabe qui tient à la main un pigeon écrasé, un homme couvert de furoncles qui insulte les passants de la rue de Bagnolet, et s'interrompt de temps à autres pour coller sa bouche à une canette de 8,6.
Pendant ce temps le tampographe s'installe pour dormir. Il étire ses petits bras mignons, fait une délicieuse moue et baille en montrant une langue rose et des quenottes de poupée. Il lèche un peu son pelage, se retourne et ferme ses grands yeux bleus en soupirant de lassitude.

L'atelier du tampographe sera fermé du 14 au 21 août.