dimanche 29 août 2010

Canal


Image © Diego Aranega 2010


Alors voilà, les vacances sont terminées, la rue s'est à nouveau remplie d'enculés, les marronniers du Père Lachaise perdent leurs feuilles et les dealers du quartier mettent des petites laines le soir, car leurs mamans trouvent que le temps vire à l'automne. Je me trouve statufié dans mon atelier, à devoir reprendre le cours de mes idées, à faire des commandes, à mettre sous enveloppe des chèques impayés, à secouer du fond de mes poches ce qui s'y trouve encore de sable rose, d'algues et de coquillages que ma fille y a déposés. C'est pas aujourd'hui que ça va rigoler. Ça non, on le sent bien dans l'air, personne ne rigole, je vais donc sortir pour me promener et profiter du spectacle. Je vais longer le bord du canal de l'Ourq à vélo, jusqu'à atteindre des friches ferroviaires, des usines en ruine, des barres d'immeubles et des bretelles d'autoroute. J'espère qu'il fera gris, qu'il y aura des vols de corneilles et qu'un poisson mort flottera sur le dos.
J'hésite d'ailleurs à me balancer dans ce canal pour échapper à la rentrée. Mais son eau est décidément trop huileuse, et sent trop l'urine de rat pour me faire une dernière demeure convenable. Il me faudrait un beau lac fleuri de nénuphars, parcouru de libellules et petites nymphes à poil, dans lequel viendraient s'abreuver des poneys magiques.
Je ne connais pas de tel endroit, du moins en île de France et accessible en RER je n'en connais pas. Je vais donc aller faire des longueurs à la piscine de la rue Desnoyez, ça affermira mon âme, et mon corps de quadragénaire qui commence à avoir besoin d'être également affermi.
Note technique utile: mon caveau sera ouvert mardi, mais fermé vendredi prochain.
Note technique utile (bis): Le Tampographe est invité au mois d'Octobre par le centre Georges Pompidou pour un impromptu d'une journée, durant laquelle ses tampons seront mis gratuitement à la disposition du public. Je mettrai plus d'informations sur le sujet en temps voulu, là j'écris ça juste pour faire chier mes ennemis.