
Je me suis rendu comme tous les ans au défilé du premier mai. Spectacle de la nature, harmonie, beauté et colliers de barbe étaient au rendez-vous. Je vous livre quelques unes des photos prises ce jour là.

A peine sorti de chez moi j'aperçois rue de
Charonne ce jeune sujet. Sobriété des coloris pour un ensemble randonnée urbaine totalement moderne, souligné par le traité
Manga de la chevelure.
Trouver un bouc aussi près de chez moi me semble de très bon augure.

Je marche
quelques minutes et je rejoins le cortège des anarchistes, qui descend la rue de
Belleville en direction de la place de la République. Hélas, pas de colliers de barbe en vue, mais un assez bel assortiment de rastas blancs en pantalons larges du coté de la Fédération Anarchiste. Je photographie ce combiné très intéressant de
total-look tiers-mondiste et de style gavroche. La sono passe "A las barricadas" en version
reggae-fanfare.
La place de la République n'est plus très loin. Je m'éloigne des drapeaux de la
CNT.

Première prise, place de la République, devant les militants socialistes. Je photographie cet homme devant un vendeur de merguez. A
érodynamisme, jeu des obliques et dessin raffiné de la moustache.

Un peu plus loin. Virilité du cuir noir, combiné classique collier de
barbe-cordons pour les lunettes de coloris printanier tendre.

Le fils de
Gandalf le Gris et du Commandant
Cousteau, pris sur le vif devant les troupes de la
CFDT.

Très belle harmonie colorée de vert et de rouge chez ce
mélenchoniste. Barbe impeccablement taillée, audace des matières résolument synthétiques, et retour tout en subtilité du col pelle à tarte.

Je quitte un moment les colliers de barbe. Je remarque
Marx et
Che Guevara accoudés aux rambardes du boulevard
Saint-Martin.
Marx porte un badge à sa propre effigie.

Et le
Che porte un tee-shirt de lui-même. J'essaie d'avoir une photo plus lisible, mais le bougre se méfie et finit par me repérer. Je suis pourtant caché dans la foule des manifestants.

La ligue des droits de l'homme m'offre ce très beau
spécimen. Je me dirige vers la porte Saint Denis.

Audace du monochrome chez ce splendide syndicaliste
Unsa.
Je mange un sandwich merguez au camion
CGT.

Je l'aperçois au loin. Je vois sa haute silhouette se détacher du reste de la foule. J'ai mal aux pieds mais j'oublie ma fatigue et je fonce pour le rattraper. J'écrase des gens, je bouscule des femmes, je plante mes coudes dans les yeux d'un tigre tamoul, mais je finis par l'atteindre.
Ma main vibre, mes doigts, mon front, mes yeux se couvrent de sueur, mais je parviens à prendre ces deux photos.

Utilisation optimale de l'accessoire, qui se fait là écrin pour ce véritable joyau. Tradition et modernité, pureté des lignes, courbes et
contre-courbes. Sans nul doute une des plus belles pièces de ce défilé 2010.
Je rentre chez moi épuisé mais comblé. Je me jette sur le lit et je m'endors, encore émerveillé par la beauté de ce monde.