mardi 29 novembre 2011

Mycologie



Ah zut mince.
J'ai complètement oublié de naître dans une famille riche. Mince. Et j'ai complètement oublié aussi d'avoir des relations. Du coup je paye 1000 euros par mois pour louer un local insalubre, dans lequel je vis et je travaille. Quel distrait je fais.



J'ai demandé à rencontrer un élu du XXème, pour lui poser des questions sur les ateliers-logements que la ville de Paris attribue aux artistes. Un ami m'en avait parlé, forcément ça m'a intrigué. Faut être juste, on m'a reçu à la mairie. J'avais envoyé une lettre pour tout expliquer.



On m'a reçu dans un bureau à l'étage. On dit m'a dit que c'était sans espoir parce que les gens qui occupent les ateliers-logements y restent des décennies, même après avoir arrêté toute activité artistique. Pas moyen de les virer, tu penses. Il paraît que ça fait de beaux lofts, pas chers, bien placés. Mince, j'y ai pas droit. Mince, on m'a expliqué qu'il fallait perdre tout espoir. Ah bon, ok, je vais le perdre, alors.



Je retourne donc dans mon atelier. J'habite derrière. Je prends quelques photos, les moisissures font des effets de matière sur les murs, et ce matin, surprise, je trouve un beau champignon sur le parquet. Parfaitement formé. on voit bien le thalle. Je le photographie pour l'envoyer à la société française de mycologie, j'aimerais bien connaître son nom latin. Si un mycologue me lit, qu'il m'écrive.




Si un spécialiste des rongeurs me lit, qu'il m'écrive.



Si un spécialiste de la mort par électrocution dans sa douche me lit, qu'il m'écrive.



Si un spécialiste des plafonds qui tombent me lit qu'il m'écrive.

Si un ancien artiste logé par la ville de Paris me lit dans son atelier-logement: QU'IL CRÈVE.