lundi 31 janvier 2011

Vernissage

Le Tampographe présente quelques boulots à la galerie Talmart, à Paris. C'est une exposition collective, on y trouvera aussi le travail de Poupée Viande et d'autres personnes dont j'ignore à peu près tout.
Le vernissage est jeudi 3 février à 18h, 22 rue du Cloître Saint Merri, dans le IVème arrondissement, juste à côté de Beaubourg et d'un gros magasin de sex-toys et de corsets compliqués. Venez nombreux, merde.
On trouvera des renseignements sur cette page.
Je rentre d'Angoulême, je n'y avais pas mis les pieds depuis sept ans, tout le monde a vieilli, les alcoolismes se sont affirmés, les couperoses se font plus franches, les ventres plus pointus.
En vrac:
Pour faire rire ses amis un gros blond fanzineux a répondu à un garçon de café qui lui demandait poliment de se pousser un peu: " Toi je te parle pas, retourne à l'ANPE".
On est venu me dire que le soutien aux salariés en grève de l'Association relevait de la bien-pensance et du politiquement correct.
Un monsieur habillé en chien jaune, et un autre habillé en Snoopy, se faisaient photographier avec des enfants ravis. On les entendait soupirer à travers leurs masques encombrants.
On regrette la disparition des vendeurs d'andouille grillée de la place new-York. Au moins un cas d'empoisonnement par sandwich est à déplorer.
Sur le stand de Judith et Marinette j'ai découvert le travail de Jonathan Larabie, qui raconte très bien ce qu'il voit et vit dans le bureau de poste où il travaille. Ça change des bourges de merde et des faux-jetons pourris qui infestent la bédé indépendante. Lisez ça bordel.
J'ai regardé des auteurs quinquagénaires habillés en punks tituber et se vomir dessus.
Je suis retourné au musée du Papier, lieu de ma première dépression nerveuse. Rien n'a changé, j'y expose en janvier 2012.
J'étais logé au Mercure, écran plat, lit de 180 de large, baignoire, vue sur les jardins à la française, impression d'imposture un peu tenace, dissipée au premier bain moussant.
Lu " Mon copain le kappa", de Shigeru Mizuki. Je me croyais allergique aux mangas, grave erreur, ça donne envie de dessiner.
Une conversation sur deux contenait les mots "Grève" "Association" "Menu" " Licenciements".

lundi 24 janvier 2011

Longue vie à l'Association.

J'aurais pensé en avoir rien à foutre. Du haut de mon cynisme. Que l'Association se pète la gueule, que le comptoir des indépendants se plante, que la bande dessinée indépendante disparaisse des librairies. Mais non, j'en ai pas rien à foutre, pas du tout. L'Association je l'ai vue grandir, vieillir, et maintenant je la vois se barrer en couilles, ça fait des mois que je l'observe, ça me consterne. Pour ceux qui ne connaissent pas, l'Association c'est la maison d'édition indépendante la plus novatrice, comme disent les cons, celle qui a révolutionné la bande dessinée, comme disent d'autres cons, qui a construit un catalogue solide et presque irréprochable ( il y a des titres que je déteste dans ce catalogue, j'en parlerai pas pour le moment, sauf si on me cherche, c'est comme dire à tata Henriette qu'elle pue de la gueule, ça se fait pas, quoique). L'Association est désormais en crise, je suis inquiet et je me demande si j'ai encore un éditeur à qui parler.
L'Association c'est mon éditeur, depuis 1995, ça date pas d'hier, j'avais 25 ans, des cheveux, des neuroleptiques dans ma trousse de toilette, j'habitais Angoulême, publiais dans un label spécialisé dans le branlage de jonc intimiste, j'étais bourré du soir au matin, Menu est venu me demander des pages pour Lapin, mes amis d'Ego comme X en sont devenus verts.
J'étais intimidé, j'ai beaucoup travaillé, morflé, sué pour tenter de me mettre au niveau de ces auteurs que je lisais avec application. J'ai fait plusieurs livres, j'ai travaillé des milliers d'heures sur des pages minutieuses et hachurées, avec l'angoisse de ne pas être à la hauteur. Les gens de l'Association ne faisaient pas de cadeau, c'était terrifiant et exaltant de bosser pour eux.
Maintenant je ne pige plus ce qui s'y passe.

Les salariés sont en grève depuis deux semaines. On peut les soutenir en signant la pétition en ligne sur ce lien.

Le communiqué, à lire si vous en avez quelque chose à battre des utopies éditoriales qui se dissolvent dans les histoires de pognon et l'atroce real politique :

"Les salariés de L'Association sont en grève depuis le 10 janvier 2011 pour protester contre les menaces de licenciements qui pèsent sur eux.
Le motif invoqué pour justifier ces licenciements serait que L'Association irait mal, qu'elle subirait de plein fouet une crise globale dont les médias se sont largement faits l'écho.
Pourtant, outre le fait que le secteur de l'édition est l'un de ceux à avoir le moins souffert en 2009 et 2010, la seule observation permet de relativiser cette mauvaise santé déclarée.
Certes, les quatre dernières années ont été moins flamboyantes pour une structure qui a connu par le passé des succès réguliers et nombreux. Mais L'Association est solidement assise sur des ventes de catalogue dont rêveraient bien des éditeurs et les succès ne l'ont pas désertée comme le montrent "La vie secrète des jeunes 2" de Riad Sattouf ou "Coney Island Baby" de Nine Antico, pour ne citer que deux livres parus en 2010.
Peu importe les raisons qui poussent les personnes administrant la structure à communiquer comme elles ont choisi de le faire. Pour nous, qui aimons L'Association et souhaitons qu'elle poursuive l'action entamée il y a vingt ans, il est important de le dire clairement: L'Association n'est pas une structure moribonde. Et si elle souffre, c'est moins de connaître une accalmie commerciale que de s'être éloignée des principes fondateurs qui lui ont apporté succès et longévité.
L'Association a puisé son énergie, sa force et son originalité dans le fait qu'elle était une aventure collective et démocratique. Nous en avons la conviction, c'est en puisant à cette source que L'Association retrouvera sa pleine vigueur et évitera de connaître des conflits stériles comme celui qui l'agite aujourd'hui.
Nous, auteurs, amis, confrères, compagnons historiques ou co-fondateurs de L'Association, tenons à apporter notre soutien aux salariés en grève, à leurs revendications légitimes et à leurs propositions responsables. Ce qui est aussi la meilleure façon de redire notre attachement à l'idéal artistique et collectif d'une structure qui, par son existence, a beaucoup apporté à la bande dessinée.
Longue vie à L'Association.


Premiers signataires: David BEAUCHARD (auteur et co-fondateur), Charles BERBERIAN (auteur), BLUTCH (auteur), Christophe BRUNELLA (journaliste), Jean-Louis CAPRON (auteur), les éditions CORNÉLIUS, DEBEURME Ludovic (auteur), Christian DRUESNE (librairie Super Héros), Guillaume DUMORA (librairie Le Monte-En-L'air), les éditions du FRÉMOK, Joseph JACQUET (éditeur), Patrice KILLOFFER (auteur et co-fondateur), Grégory MARDON (auteur), Hugues MICOL (auteur), NINE Antico (auteur), Philippe OUVRARD (librairie le flâneur des deux rives), les éditions des REQUINS MARTEAUX, Lewis TRONDHEIM (auteur et co-fondateur), etc."

mercredi 19 janvier 2011

Ligne 2



Je me lève à 11 heures, me douche, me recouche, me relève, vais dans ma cuisine, constate que mon frigo est vide, ne sors pas faire des courses et regagne mon lit. Je lis mes mails, 10 spams, 4 commandes, 1 artistoïde qui m'a mal lu et me propose une idée de tampon, une inconnue qui se propose de me sucer parce que - je cite- je suis trop drôle et qu'à ce titre là je mérite qu'on me suce. Je réponds aux mails, sauf au spam. Je valide les commandes, insulte l'artistoïde d'un mot soigneusement choisi et décline poliment la proposition de fellation de l'inconnue. Au dehors on entend le bruit pénible d'une meuleuse qui scie une barre de fer. Il y a des travaux, on remplace les barreaux de mes fenêtres qui commencent à rouiller dangereusement. Ça sent le métal chaud, la poussière en feu, il y a aussi une odeur d'os brûlé, mais ça c'est peut être l'incinérateur du Père Lachaise. En période de grippe il fonctionne à plein rendement. Hum, non, je me fais des idées.
J'ai étalé des images sur le sol, je choisis des choses pour une exposition. Ça me dégoûte. Revenir sur des boulots anciens c'est un exercice masturbatoire, un truc pas sain d'un point de vue d'hygiène morale et physique, qui a plus à voir avec la trituration de crottes de nez qu'avec du travail. J'ai donc étalé des images, ça fait comme un tapis qui recouvre le bordel de mon caveau, ça ressemble à un passage de diplôme aux beaux-arts, ça me donne une violente envie de sortir.
Je laisse tout en plan, je prends mon manteau et je sors.
Depuis quelques temps j'essaie de trouver des raisons d'apprécier mon quartier. Je fouine donc dans les rues qui débouchent rue de Bagnolet et longent le père Lachaise jusqu'à la rue des Pyrénées. On y trouve des impasses pavées, des usines abandonnées, des ateliers de sablage et d'électrolyse. Mais on constate toujours que des cabinets de graphistes ou des artistes friqués investissent peu à peu ces endroits, et que ça pue toujours un peu la merde de bourgeois. Je fais quelques photos et je m'éloigne de ce coin pourri. Je prends la ligne 2 et je descends à Pigalle. Je mange un sandwich dans un bar à touristes, il a un net arrière-goût de bactérie. Je bois un café, il est immonde, on a pas nettoyé le percolateur depuis 1995, date de mon arrivée à Paris. Je retrouve mon quartier intact.
Mon exposition aura lieu à la galerie Talmart, c'est une exposition collective qui s'appelle "Serial Artist" , on trouve des informations .

lundi 17 janvier 2011

Entrée des artistes.



Le Tampographe doit préciser encore une fois qu'il ne fait pas de tampons pour les artistoïdes de merde, fils de bourges, fins de race dégénérés chiés par les beaux-arts de Paris, vermine de galerie, lécheurs et lécheuses de boule, vampires à subventions, termites de Villa Médicis intra et extra-muros, inutiles, nuisibles, viande de troisième choix, cartilage, couenne et os, juste bonne à faire du ron-ron pour le chat du ministre de la culture.
Le Tampographe ne s'intéresse pas à vos projets vidéos, à vos chorégraphies, esquisses, textes, performances, à votre caca étalé sur les murs de votre galerie, et d'une manière générale à toute forme de thérapie de groupe en public.
Hélas mes efforts sont vains.
Il paraît qu'un artistoïde ça voit dans le noir comme un chat. Il paraît que ça peut grimper sur une vitre à la verticale, marcher au plafond, traverser un mur en se faufilant par les plus petites fissures, que ça peut prendre l'apparence d'une mouche et passer par la fenêtre, d'un cafard et passer sous les portes, d'une chauve-souris, d'un chat-huant, d'un troupeau de rats, d'une nuée de moustiques. Un artistoïde ça peut aussi se changer en nuage de fumée de cigarette, en carton d'invitation, en trace de coke, en chewing-gum collé sous une chaussure, en sms porno.
Il paraît que ça résiste à une température de 1500°. On cherche en vain le point de fusion.
Quoique tu fasses, il y en a partout, toujours, tout le temps, du moment qu'il y a des cocktails, des culs importants à lécher, des pots pour une sortie de livre, du pognon à prendre, des fêtes chez des éditeurs indépendants, des vernissages branchouilles.
On cherche toujours en vain le moyen de les détruire.

lundi 10 janvier 2011

Fermé pour cause de fermeture.

Je ferme mon atelier au public pour quelques semaines. Je l'ouvrirai quand ça me reprendra. Pour le moment on peut commander mes choses en passant par internet ou par courrier, ça fonctionne très bien comme ça, et ça m'évite d'avoir à ranger mes slips pour recevoir correctement les gens.
Mon rideau de fer est fermé, mon local passe pour abandonné. On le taggue la nuit, j'entends les murmures des cailleras et le bruit des bombes de peintures qu'on secoue, ça fait clac-clac-clac-clac et puis ça s'arrête. Ça me berce dans mon sommeil. Le matin les corneilles me réveillent. Elles attendent qu'on sorte les poubelles pour les éventrer. Elles se juchent sur la panse des plus gros sacs, les éventrent à coup de bec et les vident sur le trottoir. Elles poussent des croa-croas de contentement. Je me risque à me promener dehors le dimanche. Je marche rue de Bagnolet parmi les rastas blancs et les bobos en couples. Je déteste ce quartier, rien à faire je ne m'y habitue pas et je regrette toujours autant la place de Clichy, le Sexodrome, la rue des guitares électriques et même l'atroce rue d'Amsterdam. Si vous connaissez un local à louer entre deux sex-shops de boulevard de Clichy faites moi signe.

jeudi 6 janvier 2011

Année vulgaire.

En dehors des quelques personnes que le Tampographe déteste et dont il aimerait bien suivre le corbillard, je vous souhaite une bonne année 2011.
Le Tampographe sera ouvert vendredi 7 janvier de 13h à 19h. On peut passer sans prendre rendez-vous.
Si on a une commande précise, on peut aussi la passer à l'avance en écrivant à le tampographe@free.fr ou en téléphonant au 09 54 13 17 89. Je la préparerai pour demain.
J'étais en vacances, je reprends l'expédition des commandes aujourd'hui.