vendredi 11 février 2011

La Politique du Livre Unique

Bande dessinée que j'ai publiée dans une revue de merde sans lecteur, presque inédite donc. Il faut cliquer sur les images pour les faire apparaître en grand et pour les lire correctement, sinon c'est trop petit et je ne sais pas paramétrer l'affichage pour que ça s'affiche correctement.








mercredi 9 février 2011

fermeture pour cause de fermeture.



Je dois annuler l'ouverture de vendredi, je redoute d'être de trop mauvaise humeur pour recevoir correctement des clients, alors je mets des bottes, j'enfile un ciré, et je file à Trégastel-Plage me cailler les miches dans les vasières. Avec ma fille on ramassera des bigorneaux et on se rira des intempéries, des ours polaires et de la banquise bretonne.
Il n'y aura plus de journée portes ouvertes avant le mois de mai, et je ferme progessivement mon blog. Internet est un puits sans fond dans lequel je vois disparaître mon travail, ça finit par être désagréable, je voudrais revenir à des choses plus tangibles, plus solides et moins susceptibles d'être reprises sur des sites de merde:

(-"Le Tampographe, on ne s'en TAMPONnne pas", tu crois que c'est un bon titre?
-Oh oui c'est une super idée! Tu joues magnifiquement avec les mots. Fais moi l'amour, maintenant".)

Je tiens pas en place. Je sors de mon atelier et je marche dix bornes, remonte le boulevard des batignoles, rends une visite amicale au docteur Z qui avise un bouton sur mon menton. Il dit " c'est un cancer, t'as un cancer sur la gueule, ou alors t'as bouffé une chatte pourrie et t'as la syphilis secondaire". J'ignore ce qu'est la syphilis secondaire. Je me barre avec mon bouton, le docteur a des patients à traiter, de belles personnes du VIIIème. Je continue ma promenade, je ne regarde pas où je mets les pieds et je glisse sur un truc mou. Je baisse les yeux, je viens de marcher sur une tête de coq coupée au ras du cou, crête rouge, cou déplumé, bec sanglant entrouvert, yeux blancs. Je manque de dégueuler, et je réalise que le trottoir est recouvert de têtes de poules, de coqs et de canards. Il y en a une trentaine qui sortent d'un gros carton éventré, éparpillées sur le terre-plein qui longe le XVIIème.
Le docteur m'a expliqué: les lésions de la syphilis secondaire sont polymorphes, disséminées et très contagieuses. Elle évolue par vagues et comporte des signes cutanéo-muqueux, viscéraux et généraux. Ce polymorphisme et la diffusion des lésions font de la syphilis secondaire la "grande simulatrice" car elles peuvent simuler toute la dermatologie.
J'ai de la purée de chair, de sang et tête de coq incrustée dans les crampons de mes godasses.
Je dégueule derrière une plantation de la mairie de Paris, un buisson gris-vert entouré de merdes de cockers sur lequel est piqué un petit panneau " Cet espace végétalisé appartient à tous, merci d'en prendre soin".

Pas la peine de venir vendredi prochain, je suis fermé.

mardi 8 février 2011

A rebours


Attention. Le site du Tampographe sera mis hors ligne à la fin du mois de février, le lundi 28. C'est pas une disparition définitive, mais je commence à m'emmerder et j'ai envie de me consacrer à mon projet de livre. Donc: il n'y aura pas de vente ni de commande pendant trois mois, et je rouvrirai mes portes le premier mai avec un safari photo consacré aux colliers de barbe de 2011.
Les commandes qui me parviendront avant le 28 seront expédiées sans problème. Je fais une journée portes ouvertes vendredi 11 de 14h à 19h.

lundi 7 février 2011

Ouverture Vendredi 11 février

L'exposition du 22 de la rue du Cloître Saint Merri est visible pour encore deux semaines. J'ai fait une installation qui montre pas mal de travaux. C'est à côté de Beaubourg, pas loin de la fontaine Stravinsky. Je m'enferme pour quelques semaines, j'hésite à mettre ce blog hors ligne pour quelques mois afin de me consacrer à la fabrication de mon livre. Un bon séjour au fond d'une bonne caverne bien opaque me ferait du bien. Et puis j'en ai marre de recevoir des mails débiles, ça finit par me rendre nerveux plus que de coutume. Je dois travailler à mon livre, ça fait des années que ça traîne, mon éditeur est en grève, pas évident de se motiver dans un contexte de naufrage, autant faire un fanzine sur le Titanic, c'est du moins ce que je me dis en ce lundi matin.
Je ne ferai pas de journée portes ouvertes avant le mois de mai.

J'ouvre donc mon atelier vendredi 11 à partir de 14h et jusqu'à 19h, c'est la dernière ouverture avant plusieurs mois.

A propos de mails débiles:

note pour les étudiants qui m'envoient des demandes de stage comme par exemple celle-ci:

"Je suis élève en art et je pense qu'un stage chez vous pourrait être enrichissant pour nous deux".


C'est mal formulé.
Les demandes de stage sont à libeller comme suit:

"Ô Tampographe.
Maître incontesté de l'art imprimé portatif,
Splendeur des boulevards,
Perfection physique et morale,
Espoir de tous les chauves acariâtres.

Je rampe devant vous, Ô Tampographe, je me prosterne à vos pieds que je mouille de mes larmes. J'implore la faveur de venir travailler chez vous gratuitement, de vous assister dans votre tâche surhumaine, de recevoir de mauvais traitements physiques et moraux, de me contenter de poussière pour tout salaire. Je suis une jeune larve, je désire sortir de ma condition misérable d'élève des Beaux-Arts, je vous supplie de m'accepter comme stagiaire."