lundi 16 avril 2012

Rideau de fer.

Je suis rentré dans mon caveau. J'ai remonté les rues vides en écoutant de la musique. Il pleuvait. Mon manteau s'est gorgé de pluie, je l'ai posé sur un radiateur, il fume comme s'il sortait du four. Je viens de finir à l'instant ma charrette de travail. Elle dure, si je ne me trompe pas, depuis plus d'un an. Douze mois d'hystérie, de hurlements, de stress, de crises de rage qui débouchent sur cette soirée pluvieuse et solitaire

Je m'enferme dans mon caveau, j'en cadenasse les portes, j'en peins les vitrines avec du blanc de Meudon, je calfeutre les fenêtres, je condamne la porte d'entrée avec une lourde barre d'acier. Je regarde une dernière fois la rue du Repos, et je baisse le rideau de fer. Ça fait un cliquetis métallique et un bruit d'orage lointain. De la rouille et des araignées tombent sur le trottoir. La rouille parsème le bitume noir de miettes orange vif, les araignées détalent et s'engouffrent dans l'impasse Lespagnol. Le rideau est baissé, il fait noir, j'éteins les lampes et je m'installe devant mon écran. Il n'y a plus qu'un carré de lumière blanche pour éclairer mon atelier. C'est l'écran de Blogger, la page incommode que j'utilise pour écrire ce blog. J'ai essayé à plusieurs reprises d'écrire sur des traitements de texte mais il n'y a rien à faire, je me sens mieux sur ce site à l'ergonomie ingrate.

Je m'enferme pour quelques semaines. Mon caveau restera portes closes jusqu'à l'été. Je ne serai plus ouvert le vendredi, mais je continuerai d'expédier les commandes par courrier. Les commandes sont d'ailleurs très en retard, certaines personnes attendent depuis plusieurs semaines, sans m'engueuler, ce dont je les remercie.

Je retrouve le cours normal de mon travail, la sortie d'un livre est un ego-trip interminable et vaguement écoeurant. Je suis content d'avoir sorti ce livre, mais j'ai hâte de retrouver assez de calme pour me remettre à bosser vraiment.

Mon exposition continue à la galerie Nabokov, au moins jusqu'au 21 avril. Je retrouve ce blog avec plaisir, j'ai du le négliger pendant des semaines pour faire face à tout ce qu'il y avait à faire pour la sortie de mon livre.