lundi 8 juillet 2013

Tampornographe.




Je reprends les recherches pour le vieux projet du tampornographe, un assortiment de tampons assez compliqué, qui permet de représenter des gens qui s'enfilent par tous les trous. Je mets en ligne une page d'esquisses qui ne montre que des femmes, mais que l'on se rassure, il y aura aussi des hommes, notamment moustachus et notamment en chaussettes, pour citer deux accessoires indispensables à un jeu de tampon de ce type.

Paris ressemble à un hôpital psychiatrique en surchauffe, il y a des gens qui causent seuls dans la rue. On pourrait croire qu'ils parlent dans des kits téléphoniques mains libres, mais non, ils parlent à des amis imaginaires, ou à leur maman morte, ou au Diable, pour citer le dernier de ces passants qui semblait argumenter avec un nommé Astaroth qu'il appelait aussi parfois Jean-Marc. Je l'entendais protester de sa bonne foi en remontant la rue du Repos, en direction de l'entrée de service du Père Lachaise. Le lendemain j'ai trouvé des pentacles dessinés au feutre sur les murs fraîchement restaurés du cimetière. Le surlendemain ils avaient été effacés par le gardien.
Le gardien est un peu particulier. Les soirs d'été il fait des barbecues dans sa maison de fonction qui se trouve dans l'enceinte du cimetière. Il m'arrive d'entendre, en provenance de cet endroit, des bruits de bouteilles qui se débouchent et de couverts qui s'entrechoquent, des rires et des éclats de voix, et de sentir une forte odeur de chipolatas grillées. En me hissant sur un banc j'essaye d'apercevoir quelque chose par dessus ces murailles, mais je ne vois que les grilles acérées qui protègent les lieux, les toitures gothiques des caveaux de familles, les frondaisons des marronniers et l'épaisse ombre un peu intimidante d'où sortent ces bruits. Je descends de mon banc avec une envie de chipolata grillée.
Mon atelier est en travaux. J'annexe une partie des caves, je creuse dans le sous-sol pour y installer une partie de mon matériel. J'attends l'arrivée d'une graveuse laser, mais en attendant je travaille un peu dans les cartons et sous des piles de matériel à l'équilibre précaire. J'ouvrirai mon atelier en septembre, quand il sera à nouveau praticable. En attendant on peut toujours continuer à commander en ligne.