mardi 10 septembre 2013

Chantier


On me propose des ateliers pour la jeunesse. Je me demande ce que j'ai pu faire d'assez crapuleux, répugnant et indigne pour qu'on me demande d'animer des stages de tampons pour les petits bourgeois parisiens.
Je suis enfermé dans mon atelier. Plus qu'une semaine à travailler dans les gravats, le chantier touche à sa fin. Ma presse chauffe, je fabrique les commande de la journée et je travaille à de nouveaux usages de faux d'artistes connus, histoire de les mettre gratuitement à disposition du public pour une exposition parisienne à venir en 2014. Ça ne sera pas dans une galerie, parce que si on prononce le mot "gratuit" devant un galeriste, il se dissout et se transforme en flaque gélatineuse. Essayez, vous verrez, c'est rigolo. Ça se passera plus probablement dans mon atelier transformé pour l'occasion en galerie. Si toutefois je parviens à le remettre en état.
Je vais traîner à Beaubourg pour regarder quels artistes peuvent être réduits à un jeu de tampons. Ils sont assez nombreux. Parmi les artistes mécanisables, je travaille sur Villeglé, Hantaï, Opalka, Alechinsky, Gilbert and Georges et quelques autres.