mercredi 11 novembre 2015

Carpe koï


Jeu de tampons en deux couleurs, permettant d'imprimer une carpe koï.

Disponible sur ma page Big Cartel ici, ou bien à la galerie tampographique, qui ouvre chaque samedi de 11h à 19h, au 4 rue du Repos à Paris Xxème. A noter que koï, en japonais, ça veut dire carpe, et donc carpe koï c'est un peu un pléonasme.
Je prépare d'autres tampons en bichromie, d'inspirations diverses pour ne pas dire totalement bordélique. Je les mettrai en ligne sur ce blog et sur cette grande entreprise cannibale qu'est Facebook.

Je viens de décliner une invitation du festival off d'Angoulême. J’aurais aimé dire oui, mais janvier prochain c’est trop proche, c’est dans 5 minutes, j’ai rien à y exposer et si je voulais me mettre en chantier pour préparer une exposition, il faudrait que je le fasse toutes affaires cessantes. Or j’ai du boulot jusqu’à la fin de l’année. J’installe la galerie tampographique, je prépare les commandes, je fabrique de nouveaux tampons géants, je sniffe de la résine polyester, j’ouvre chaque samedi, je rends service aux mémés de la rue du Repos et je cherche un appartement.

Sans compter que je ne peux pas blairer bon nombre des dessinateurs qui traînent dans les parages, underground ou mainstream je m’en branle ils me font chier pareil, que les occasions de s’alcooliser en groupe, si elles me ravissaient quand j’étais jeune, m’ennuient désormais profondément, que le spectacle des éditeurs et des auteurs qui ont réussi à vendre 15000 exemplaires de leurs séries ou de leurs romans graphiques à la con, et qui exhibent leur étincelante connerie dans les salons de l’hôtel Mercure me déprime au plus haut point. Et que dire des maniaques belges ou pas belges qui collectionnent les dédicaces, des repas en groupe à la pizzeria, de mes anciens potes d’Angoulême qui n’ont rien à me dire et à qui je le rends bien, des hideux murs bédé peints par des ringards, d’une ou deux ex que j’ai pas trop envie de croiser, de tous les mauvais souvenirs que j’ai dans cette ville où je fis mes plus beaux comas éthyliques et qui fut le théâtre des prémices de mes troubles nerveux.

Je suis devenu circonspect. En quantité absolue d'emmerdements, un exposition ça vaut un déménagement. J’ai exposé dans un hall de bibliothèque, dans des librairies, dans des salles municipales, dans des festivals, dans des sous-sols, dans des squats d’artistes de merde. A chaque fois j’ai regretté d’avoir accepté, je déteste ça. Depuis j’ai ouvert la galerie tampographique qui me sert de lieu d’exposition et que j’installe à mon rythme sans rien demander ni devoir à personne.